L'angliche

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J’ai à peine le temps de m’atterrer de mon débit bancaire et d’augmenter ipso facto tous mes tarifs de 15%, que retentit cette satanée sonnette d’entrée. Comment qu’y s’appelle, le premier emmerdement sur pattes?

Humphrey Bienfuffey ! Damned! Un pâle sujet de sa graisseuse majesté! Encore un misérable et perfide buveur de thé! Y a pas à tortiller du troufignon pour caguer en spirale, va falloir songer à les bouter tous!

Il se pointe avec sa wife, et tout ça ne sent plus l’ poupon. Le millésime doit friser les quatre-vingts ans d’âge. Il ne lui manque plus que le pébroc pour se confondre avec John Steed, mais, par Kinson, il commence sérieusement à travailler du melon! Si la missize n’était pas là pour le cramponner ferme par le bras, il irait pas bien loin avec sa canne anglaise, ça flageole tout du long !
Typiquement british, sa lady enlaidie l’aide, comme chantait le gros Colas. En dépit de quatre couches épaisses d’un ripolin douteux, elle a une mine renfrognée qui la rend aimable comme une porte de mitard. Cré fumelle ! De sa face de lotte émétique, elle me toise avec dédain et me gratifie d’un simple et sec coup de menton. J’ai pigé, c‘est le genre de mal-vergée aigrie qui doit pester du matin au soir contre tout et tout le monde. Poueur boy, s’il la supporte depuis un demi-siècle, faut pas s’étonner qu’il ondule de la toiture! [ ... ]

[ ... ] « Aooh, izeuntite, mailleuze bande coudeunt slip bicoze oveu olid touffe »
« Ah bon? Et ça se mange ou ça grimpe aux arbres? »
C’est clair comme un combat de sénégalais sous un tunnel! Pas mèche de biter un seul mot à ce dialecte bouilliforme zozoté. Quant à causer anglais moi-même, à part létit’bi et vériouel lovioubébi, j’ vois pas. Et pourtant, j’eus 12 au bac, jadis ! M’enfin, les étrangers qui sont pas de chez nous, y pourraient pas jacter français, comme tout le monde?
Heureusement, le semi croulant m’indique à l’index l’odonte qui l’afflige. J’imagine bien qu’y a caverne, mais pas encore ce que j’ pourrais bricoler sur un tel culbuto gâteux, infoutu de me dire quels médocs il becqu’te et qui, de toutes façons, repassera la Manche tout morrow.
Une fois le rosbif installé sous les spots, l’affaire se complique. [ ... ]



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Cette chronique a été publiée le 12 octobre 2006.